vendredi 21 septembre 2012

Schalom leka

Je vous donne la paix, Je vous donne Ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. (JEAN 14, 17)

Le monde posséderait-il la paix ou du moins une certaine paix pour que jésus ait dit : « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix, Je ne vous la donne pas comme le monde la donne » ?


Pour bien comprendre cette déclaration, il faut se reporter à une autre parole du Christ. Dans une de ses premières instructions à ses disciples Il leur dit:
« Dans quelque maison que vous entriez, dites avant tout : « Paix à cette demeure ».
Le Christ emploie ici l'habituelle salutation israélite - Paix à toi - en hébreu Schalom leka -. Dans ce mot « Paix » l'ancien Israélite renfermait toutes les satisfactions que l'on pouvait désirer pour quelqu'un, tous les bonheurs qu'il était possible de lui souhaiter. Cette salutation était vraiment une bénédiction.

Ici le Christ se sert du même mot : « Je vous laisse la paix ».
Et Il précise: « Je vous donne Ma paix ».
 
La paix est son apanage. Il la lègue à ses disciples. Au moment où Il va les quitter, Il veut leur léguer quelque chose d'impérissable, d'inaltérable, quelque chose qu'ils garderont pendant plus longtemps que cette vie. Il veut condenser en une parole tout ce qu'Il leur a donné pendant ces années qu'Il a vécues avec eux.

Quand le Christ prononce une parole, cette parole devient Parole totale. Quand Il dit : « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix », Il découvre tout un univers d'amour et de bénédictions.

De cette plénitude, le monde n'a gardé que le mot et ce mot s'est vidé de sa substance pour n'être plus qu'une simple formule de politesse, un souhait du cœur  dans la meilleure hypothèse. C'est pourquoi le Christ déclare : « Je vous donne Ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne ».

Il faut ajouter que la parole qui fait l'objet de ces réflexions est extraite d'un discours d'adieu. Le Christ va se séparer de ses disciples et Il leur adresse ses suprêmes encouragements.
Les mots « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix » se traduisent exactement par « Je vous dis adieu, c'est Mon adieu que je vous adresse », non pas l'adieu définitif que le monde exhale devant la mort, mais la promesse du bienheureux au revoir.
« Vous avez entendu que Je vous ai dit - Je m'en vais, mais Je reviendrai auprès de vous ».

C'est devant la mort surtout que, la paix que donne le Christ, n'est pas comme la paix que donne le monde.
Les paroles du monde, si sincères soient elles, n'atteignent pas la douleur. La Paix du Christ transcende la douleur.
Le monde n'a à offrir qu'une sympathie qui s'arrête au bord du tombeau et qui s'exprime en somme par une formule. Le monde donne une parole de consolation, le Christ donne la réalité de la consolation. Il ouvre devant la créature les perspectives de la vie éternelle: « Je suis, déclare t-Il, la résurrection et la vie; celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ».

Ici éclate le triomphe de l'esprit, car il n'est pas vrai qu’un mot soit l'équivalent d'un mot, même semblable, même identique. La vertu d'un mot vaut exactement ce que vaut devant Dieu celui qui le prononce. Quand le Christ, ou l'un de ses amis dit à un malade: Sois purifié! ou à un mort: Reviens à la vie! l'effet suit immédiatement la parole, alors que le monde n'oserait pas prononcer cette parole, car il sait bien qu'elle resterait sans effet.
 
La paix que donne le Christ n'est pas l'absence de soucis, l'absence de luttes, car la vie est force dans la lutte, certitude de la victoire, sérénité dans l'épreuve. Que d'êtres dans ce monde sont courtiers en trouble, voyageurs en mauvaise volonté, que d'hommes sèment sur les chemins ce qui irrite, ce qui fait perdre le calme ! La Paix du Christ, ce n'est pas
l'impuissance, la veulerie, le laisser aller ; c'est la force de Dieu qui soutient, qui empêche de tomber, qui donne le calme au milieu de l'agitation, l'équilibre pour soi même et pour les autres.

« Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix ». C'est dans le centre même de l'être que le Christ dépose sa Paix. La vie, notre vie est assurément activité, mais elle est avant tout stabilité intérieure. Sans notre être intérieur il n'y aurait pas de vie. Le Christ purifie, Il régénère notre être intérieur et notre vie peut devenir un rayonnement, une lumière pour tous ceux qui nous approchent.

La Paix du Christ,  c'est le rocher sur lequel toute tempête se brise. C'est la protection, la libération, la certitude qui se transmet. C'est la compréhension, la bonne volonté.
La paix du Christ, c'est la courtoisie divine. C'est l'intelligence du coeur, c'est à dire qu'en chaque circonstance la parole que l'on donne à chacun, vient habiter son âme par la sympathie. C'est, quand on dit: Bonjour!  ouvrir chez l'autre la possibilité d'une lumière.
La Paix du Christ, c'est la force de persévérer, de ne jamais se laisser décourager, de combattre jusqu'au bout le bon combat.
La Paix du Christ, c'est surtout l'énergie d'aimer, ne pas vouloir à tout prix faire plaisir - il faut souvent plus d'amour pour dire - Non ! - C'est s'élever au dessus de la faiblesse. C'est grandir, embellir ceux qu' on aime. « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix ; Je ne vous la donne pas comme le monde la donne ».

La paix est une plante céleste qui ne peut être déposée et qui ne peut s'acclimater que dans un terrain favorable. Neuf sentiers conduisent au sommet spirituel où le Christ donne Sa paix. Sentiers, étroits, escarpés où sur chacun desquels est inscrit le mot Bonheur :  


Bienheureux les pauvres en esprit.
Bienheureux ceux qui pleurent.
Bienheureux les humbles.
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice.
Bienheureux les miséricordieux.
Bienheureux ceux qui ont le coeur pur.
Bienheureux les pacifiques.
Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice.

Bienheureux dès les premiers pas qu'ils font sur le chemin, bienheureux jusqu'au terme de la route. C'est pour ceux-là que les anges ont chanté la divine promesse :

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !

Seigneur Jésus, pour que nous puissions vivre, lutter, aimer, mourir, pour que nos coeurs n'aient plus à se troubler ni à faiblir, donne nous Ta paix !

Emile Besson 1966
21 septembre 2012 journée internationale de la Paix.


 

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