Je vous donne la paix, Je vous donne Ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. (JEAN 14, 17)
Le monde
posséderait-il la paix ou du moins une certaine paix pour que jésus ait dit : «
Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix, Je ne vous la donne pas comme le
monde la donne » ?
Pour bien
comprendre cette déclaration, il faut se reporter à une autre parole du Christ.
Dans une de ses premières instructions à ses disciples Il leur dit:
« Dans
quelque maison que vous entriez, dites avant tout : « Paix à cette demeure ».
Le
Christ emploie ici l'habituelle salutation israélite - Paix à toi - en hébreu
Schalom leka -. Dans ce mot « Paix » l'ancien Israélite renfermait toutes les
satisfactions que l'on pouvait désirer pour quelqu'un, tous les bonheurs qu'il
était possible de lui souhaiter. Cette salutation était vraiment une
bénédiction.
Ici le
Christ se sert du même mot : « Je vous laisse la paix ».
Et Il précise: « Je
vous donne Ma paix ».
La paix est son apanage. Il la lègue à ses disciples. Au
moment où Il va les quitter, Il veut leur léguer quelque chose d'impérissable,
d'inaltérable, quelque chose qu'ils garderont pendant plus longtemps que cette
vie. Il veut condenser en une parole tout ce qu'Il leur a donné pendant ces
années qu'Il a vécues avec eux.
Quand le
Christ prononce une parole, cette parole devient Parole totale. Quand Il dit : « Je
vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix », Il découvre tout un univers
d'amour et de bénédictions.
De cette
plénitude, le monde n'a gardé que le mot et ce mot s'est vidé de sa substance pour
n'être plus qu'une simple formule de politesse, un souhait du cœur dans
la meilleure hypothèse. C'est pourquoi le Christ déclare : « Je vous donne Ma
paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne ».
Il faut
ajouter que la parole qui fait l'objet de ces réflexions est extraite d'un
discours d'adieu. Le Christ va se séparer de ses disciples et Il leur adresse
ses suprêmes encouragements.
Les mots « Je vous laisse la paix, Je vous donne
Ma paix » se traduisent exactement par « Je vous dis adieu, c'est Mon adieu que
je vous adresse », non pas l'adieu définitif que le monde exhale devant la
mort, mais la promesse du bienheureux au revoir.
« Vous avez entendu que Je
vous ai dit - Je m'en vais, mais Je reviendrai auprès de vous ».
C'est devant
la mort surtout que, la paix que donne le Christ, n'est pas comme la paix que
donne le monde.
Les paroles du monde, si sincères soient elles, n'atteignent
pas la douleur. La Paix du Christ transcende la douleur.
Le monde n'a à
offrir qu'une sympathie qui s'arrête au bord du tombeau et qui s'exprime en
somme par une formule. Le monde donne une parole de consolation, le Christ
donne la réalité de la consolation. Il ouvre devant la créature les
perspectives de la vie éternelle: « Je suis, déclare t-Il, la résurrection et
la vie; celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort et quiconque vit
et croit en moi ne mourra jamais ».
Ici éclate
le triomphe de l'esprit, car il n'est pas vrai qu’un mot soit l'équivalent d'un
mot, même semblable, même identique. La vertu d'un mot vaut exactement ce que vaut
devant Dieu celui qui le prononce. Quand le Christ, ou l'un de ses amis dit à un
malade: Sois purifié! ou à un mort: Reviens à la vie! l'effet suit
immédiatement la parole, alors que le monde n'oserait pas prononcer cette parole,
car il sait bien qu'elle resterait sans effet.
l'impuissance,
la veulerie, le laisser aller ; c'est la force de Dieu qui soutient, qui
empêche de tomber, qui donne le calme au milieu de l'agitation, l'équilibre
pour soi même et pour les autres.
« Je vous
laisse la paix, Je vous donne Ma paix ». C'est dans le centre même de l'être
que le Christ dépose sa Paix. La vie, notre vie est assurément activité, mais
elle est avant tout stabilité intérieure. Sans notre être intérieur il n'y
aurait pas de vie. Le Christ purifie, Il régénère notre être intérieur et notre
vie peut devenir un rayonnement, une lumière pour tous ceux qui nous
approchent.
La Paix du
Christ, c'est le rocher sur lequel toute tempête se
brise. C'est la protection, la libération, la certitude qui se transmet. C'est
la compréhension, la bonne volonté.
La paix du Christ, c'est la courtoisie
divine. C'est l'intelligence du coeur, c'est à dire qu'en chaque circonstance
la parole que l'on donne à chacun, vient habiter son âme par la sympathie. C'est, quand on dit: Bonjour!
ouvrir chez l'autre la possibilité d'une lumière.
La Paix du Christ, c'est la force de
persévérer, de ne jamais se laisser décourager, de combattre jusqu'au bout le
bon combat.
La Paix du Christ, c'est surtout l'énergie d'aimer, ne pas vouloir
à tout prix faire plaisir - il faut souvent plus d'amour pour dire - Non ! - C'est s'élever au dessus de la faiblesse. C'est grandir,
embellir ceux qu' on aime. « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix ;
Je ne vous la donne pas comme le monde la donne ».
La paix est
une plante céleste qui ne peut être déposée et qui ne peut s'acclimater que
dans un terrain favorable. Neuf sentiers conduisent au sommet spirituel où le
Christ donne Sa paix. Sentiers, étroits, escarpés où sur chacun desquels
est inscrit le mot Bonheur :
Bienheureux
les pauvres en esprit.
Bienheureux
ceux qui pleurent.
Bienheureux
les humbles.
Bienheureux
ceux qui ont faim et soif de justice.
Bienheureux
les miséricordieux.
Bienheureux
ceux qui ont le coeur pur.
Bienheureux
les pacifiques.
Bienheureux
ceux qui sont persécutés pour la justice.
Bienheureux
dès les premiers pas qu'ils font sur le chemin, bienheureux jusqu'au terme de
la route. C'est pour ceux-là que les anges ont chanté la divine promesse :
Paix sur la terre
aux hommes de bonne volonté !
Seigneur Jésus, pour que nous puissions vivre, lutter, aimer,
mourir, pour que nos coeurs n'aient plus à se troubler ni à faiblir, donne nous
Ta paix !
Emile Besson 1966
21 septembre 2012 journée internationale de la Paix.
21 septembre 2012 journée internationale de la Paix.
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