Quelques idées reçues sur
l’alimentation
On croyait bien connaître les
préceptes d’une alimentation saine. Pourtant, certaines recherches suggèrent
qu’il faut remettre en cause les effets attribués à un terrain acide, que le
rôle des neurotransmetteurs a été sous-évalué, que les dégâts causés par la
fermentation intestinale sont la cause de nombreuses pathologies et que des
protéines inconnues découvertes dans les produits laitiers sont toxiques.
Il faut réévaluer le critère
acido-basique
Aujourd’hui, de nombreuses
pathologies sont imputées à un pH trop acide et on recommande fortement aux
personnes soucieuses de préserver leur santé et leur jeunesse d’éviter les
aliments qui le favoriseraient, en consommant plutôt les aliments basiques qui
seraient antioxydants. Or il semble que ce critère soit à revoir.
Prenons l’exemple de la
déminéralisation. On a récemment découvert qu’elle n’était pas due à un pH trop
acide mais aux effets d’une inflammation chronique entraînée par un
déséquilibre, en quantité et en qualité, des bactéries intestinales.
Ce n’est pas non plus l’acidité
de la flore qui accélère le vieillissement mais des infections virales
chroniques de l’intestin grêle qui perturbent l’absorption des aliments et
provoquent des carences, par exemple en vitamine D. La vitamine D,
liposoluble, est absorbée dans l’iléon terminal avec les graisses. Toute
altération de l’iléon terminal résulte rapidement en une baisse sévère du taux
de vitamine D.
Autre exemple, les rhumatismes se
développent eux aussi à cause de carences vitaminiques et de troubles du
transit qui finissent par provoquer des altérations des structures articulaires,
et non pas à cause d’un excès d’acidité sanguine.
Quant aux maladies auto-immunes
comme le diabète, les dysfonctionnements thyroïdiens ou le cancer, elles sont à
imputer avant tout à des problèmes d’immunité.
C’est vrai, l’acidité provoque
une pullulation des bactéries intestinales, puis une fermentation et une
putréfaction du bol alimentaire. Mais, pour les aliments, leur classement en
« acide » ou « alcalin » est à revoir. Par exemple, ceux
qui fermentent sont toujours acidifiants car les bactéries intestinales les
transforment en alcool et acides butyrique, acétique ou propionique. C’est
ainsi que chez de nombreuses personnes, la pomme de terre et la carotte sont
acidifiantes…
En revanche, les aliments absorbés au niveau de l’intestin grêle
ne passent pas par l’étape de putréfaction et, du coup, sont alcalinisants.
C’est le cas du canard, riche en oméga-9, et des poissons gras (saumon, thon,
maquereau, etc.), riches en oméga-3, qui sont bel et bien antioxydants.
Toutes les idées reçues sur
l’effet de l’acidité sont donc à revoir et continuent de faire l’objet de
recherches.
Les neurotransmetteurs
déterminent notre personnalité
Un autre domaine passionnant
explore le rôle des bactéries intestinales et leur action sur les
neurotransmetteurs, messagers chimiques de l’organisme.
Le fœtus n’a pas de flore
bactérienne propre, il vit sur celle de sa mère. Son premier essaimage a lieu
au moment de sa naissance, grâce à la flore vaginale de sa maman puis aux
bactéries qu’il respire. C’est cette flore primaire qui crée son milieu
bactérien pour la vie entière. Une flore secondaire la complète au contact du
sein de la maman, au moment des tétées. Si l’enfant n’a pas bénéficié de ces
deux essaimages, sa flore sera déficiente et lui sera toute sa vie plus
fragile, plus sensible aux allergies par exemple, mais aussi à de nombreuses
pathologies.
Or c’est dans les intestins qu’on
fabrique 70 % des neurotransmetteurs. Une flore défectueuse engendre
forcément un déséquilibre entre ceux qui stimulent (adrénaline, dopamine, acétylcholine)
et ceux qui apaisent (sérotonine, GABa).
Lorsqu’on sait que les
neurotransmetteurs contribuent, entre autres, à façonner notre comportement, on
comprend que leur déséquilibre influence profondément notre personnalité.
Les recherches en cours mettent
ainsi en évidence l’influence de l’alimentation sur l’équilibre de notre flore
intestinale, et donc sur notre comportement. Il est démontré qu’une
malabsorption du fructose ou du lactose, ou encore qu’une flore méthanogène favorise
la dépression. Un excès de polyamines (parfois rattaché à un excès protéique)
favorise les douleurs, l’anxiété et les troubles de la coordination ou du
comportement compulsif. Il faut rester attentif à la valeur de nos pulsions
alimentaires qui sont révélatrices d’un dysfonctionnement aussi bien
physiologique que psychologique.
Du nouveau sur l’équilibre
bactérien
Le déséquilibre bactérien conduit
aussi à une fermentation excessive qui produit des graisses et alcools,
entraînant un excès de graisse viscérale et une inflammation hépatique qui
perturbent gravement le métabolisme (surpoids, cholestérol, hypertension et
diabète). Dans les conditions d’un déséquilibre, les bactéries vivantes
produisent des toxines qui rendent la paroi intestinale perméable au passage de
plus gros fragments de bactéries et d’aliments, des fragments que les globules
blancs sous-muqueux essaient de détruire, ce qui provoque une inflammation. Or
toute inflammation chronique entraîne une baisse de l’immunité antivirale et
antitumorale de l’organisme, d’où un plus grand risque de développer un cancer.
La fermentation intestinale est ainsi devenue la principale cause de mortalité
dans le monde occidental.
Pour éviter cette fermentation
bactérienne, la première solution est alimentaire. Elle préconise l’arrêt des
laitages et des pré- et probiotiques, qui créent une pullulation bactérienne,
la diminution de la portion quotidienne de fruits crus et le blanchiment des
légumes. Il faut aussi opter pour des protéines de volailles et poissons, et
abandonner celles de mammifères. En effet, tous les mammifères possèdent des
récepteurs appelés « siglec » qui diminuent les réactions
inflammatoires aux germes les plus courants et les moins agressifs. Chez les
humains, ils ont muté il y a 100 000 ans et réagissent moins violemment
aux germes courants, et les nouveau-nés développent moins de septicémies aux
streptocoques. Quand on consomme de la viande de mammifères, ses récepteurs
siglec, moins inhibiteurs, se fixent sur nos membranes et interfèrent avec les
nôtres. On augmente alors le risque de développer un statut inflammatoire
chronique…
Quant à la seconde solution
contre la fermentation, elle est sportive : le vélo et la course à pied,
en particulier, augmentent significativement les capacités d’absorption de
l’intestin grêle.
Dans le cas d’une détérioration
de l’intestin grêle installée, le Dr Bruno Donatini, gastro-entérologue
spécialisé en immunologie et cancérologue, recommande un traitement antiviral
ou anti-Helicobacter pylori dont l’objectif est de diminuer la flore du côlon
ou de l’estomac grâce à des mycélia de champignons (le Coriolus versicolor, le
Ganoderma lucidum ou le Hericium erinaceus). On prendra également des huiles
essentielles pendant les repas (Thym vulgaire riche en linalol, menthe poivrée,
Origan, Cannelle de Ceylan, Clou de Girofle ou encore Citrus officinalis,
Gingembre, Tea tree) contre les clostridium ou les acinetobacters surabondants.
Ces huiles sont fixées sur des fibres d’écorces et sur un mycélium de
Laetiporus sulfureus qui inhibent la lipase pancréatique des huiles
essentielles et empêchent qu’elles soient absorbées dans l’estomac ou les anses
jéjuno-iléales. Ces huiles essentielles se libèrent dans le côlon où elles
auront toute leur efficacité pour lutter contre la pullulation bactérienne. Ce
mycélium est aussi un bon immunostimulant. Ce traitement désinfecte peu à peu
l’intestin, surtout sa partie basse, et stimule l’immunité antivirale et
antitumorale du grêle.
Des protéines inconnues dans les
produits laitiers
L’index glycémique très bas des
produits laitiers et des yaourts incite aujourd’hui encore les médecins et les
diététiciens à les recommander à leurs patients, y compris diabétiques. Or des
chercheurs suédois et danois ont récemment découvert que l’indice insulinique
des yaourts était en fait élevé, à cause de l’abondance de protéines inconnues
dans le lactosérum des produits laitiers. Des recherches doivent confirmer ces
travaux.
Manger du yaourt, c’est donc une
fausse bonne idée, aussi bien pour les diabétiques que pour les consommateurs
en général, car les protéines perturbent gravement le système immunitaire et
diffusent des messages hormonaux de croissance inutiles et même dangereux pour
des adultes dont la croissance, justement, est terminée…
A la lumière de ces études
récentes qui mettent l’intestin au centre de la santé, certaines certitudes sur
l’alimentation et la digestion doivent donc être sérieusement réévaluées.
Dr Bruno Donatini, gastro-entérologue spécialisé en immunologie et cancérologue.
Sera présent au congrés samedi 13
avril à Aix en Provence
La nutrition au cœur des thérapies innovantes http://quantiqueplanete.com/congres/
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