mercredi 13 février 2013

LE SAC ET LA CENDRE




Dès l’entrée en Carême, nous devons prendre garde contre une façon trop ritualiste de le vivre. Le jeûne c’est avant tout fuir le péché mais surtout répandre l’amour autour de nous et travailler à la délivrance de ceux qui souffrent. C’est pourquoi le Livre d’Isaïe chapitre 58,1-12 est d’un enseignement à méditer chaque soir durant la méditation de prise de conscience et de nettoyage de la journée écoulée :

« Crie à plein gosier, ne te ménage pas; fais retentir ta voix comme la trompette, et dénonce à mon peuple son péché, à la maison de Jacob ses fautes. 
Ils me cherchent chaque jour, et ils veulent connaître mes voies, comme une nation qui aurait pratiqué la justice; et n'aurait pas abandonné le commandement de son Dieu; Ils me demandent des jugements justes, ils veulent que Dieu s'approche : « Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois, de nous humilier, si tu ne le sais pas ?» 
Or, le jour de votre jeûne, vous savez tomber sur une bonne affaire, et tous vos gens de peine, vous les brutalisez! 
Or, vous jeûnez tout en cherchant querelle et dispute et en frappant du poing méchamment! 
Vous ne jeûnez pas comme il convient en un jour où vous voulez vous faire entendre de là-haut. 
Doit-il être comme cela le jeûne que je préfère, le jour où l’homme s’humilie ? 
S’agit-il de courber la tête comme un jonc, d’étaler en litière sac et cendre* ? Est-ce pour cela que tu proclames un jeûne, un jour en faveur auprès du SEIGNEUR ?
Le jeûne que je préfère est ceci : dénouer les liens provenant de la méchanceté, détacher les courroies du joug, renvoyer libres ceux qui ployaient, bref, que vous mettiez en pièces tous les jougs! 
N’est ce pas partager ton pain avec l’affamé ? 
Et encore ; les pauvres sans abri, tu les hébergeras, 
si tu vois quelqu’un nu, tu le couvriras : 
devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas.

Alors la lumière poindra comme l’aurore, et ton rétablissement s’opérera très vite. 
Ta justice marchera devant toi et la gloire du SEIGNEUR sera ton arrière-garde. 
Alors tu appelleras et le SEIGNEUR répondra, tu héleras et il dira «Me voici

Si tu élimines de chez toi le joug, le doigt accusateur, la parole malfaisante, si tu cèdes à l’affamé ta propre bouchée et si tu rassasies le gosier de l’humilié, ta lumière se lèvera dans les ténèbres, ton obscurité sera comme un midi.
Sans cesse le SEIGNEUR te guidera, en pleine fournaise il rassasiera ton gosier ; tes os, il les cuirassera. 
Tu seras comme un jardin saturé, comme une fontaine d’eau dont les eaux ne déçoivent pas. 
On rebâtira grâce à toi les dévastations du passé, les fondations laissées de génération en génération, tu les relèveras ; on t’appellera : «réparateur des brèches, restaurateur des ruelles pour qu’on y habite».


*Le sac et la cendre dans la condition juive est le signe d’une situation grave qu’il faut changer. Par l’humiliation, la prière, le jeûne, les cris, on demande pardon de nos offenses envers Dieu.


Demander pardon

Pas de vision d’une «victimisation» dans la cendre et l’humiliation, simplement prendre conscience, donc s’éveiller, que nous sommes des humains subissant les assauts de notre personnalité façonnée dès le sein de notre mère Cette parsonnalité qui étouffe notre «Je Suis». 
Reconnaître nos erreurs permet à la lumière de prendre de plus en plus de place en notre coeur et ainsi de mieux voir nos ténèbres. 
Nous avons 40 jours pour nous humilier –demander pardon- et changer notre direction. 
Le fondement du jeûne c’est s’humilier – anah en hébreu-  dans le but de prendre la bonne direction

S’humilier c’est fléchir son cœur pour ré-fléchir

Tout le Carême est orienté vers Pâques ; 
Pessah en hébreu : passage. 
Résurrection pour les chrétiens donc aussi passage.
Le passage étant un mouvement d'un état à un autre. 
Le passage est toujours libérateur

Si pour le peuple juif le passage est de quitter l'étranger pour retrouver son pays, pour le chrétien c'est quitter sa zone de confort pour se tourner vers les autres, vers le Tout Autre. 
Durant 40 jours nous nous préparons à rénover notre engagement en tant que baptisé mais surtout en tant qu’homme enfant de Dieu, enfant de la Vie, enfant de la Lumière. 
Les textes de nos traditions nous permettent de ré-fléchir. 
Je vous engage donc à lire le texte de l’Exode  durant cette période. 
Il vous aidera à comprendre que la délivrance des Fils d’Israël, sauvés par la puissance de Dieu de la captivité d’Égypte, les merveilles qui l’ont accompagnée, la naissance d’un peuple nouveau et le don de la Loi s’adresse à chacun de nous. 
À nous de nous délivrer du joug de l’esclave en nous tournant vers la Lumière rédemptrice du buisson ardent et de Jésus ressuscité. 
Alors nous pourrons dire « Je Suis » et nous retrouver dans l’enceinte sacrée de la Vie.

Bon Carême.










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