Il y aura un avant 7.1.15 et un après
Retour sur l'histoire mythique
Il y a toujours eu un avant et un après dans la presse satirique française.
Une presse si particulière que, probablement, le monde nous envie, même s'il ne le dit pas ouvertement.
Nul part ailleurs le talent au service de la non-conformité et de la libre-pensée n'est aussi poussé.
Pour ceux que je croise et qui ne comprennent pas CHARLIE je livre ici l'histoire et les coulisses, qui ont probablement menées à ce jour noir du 7 janvier 2015, à travers les articles de Mathias Reymond écrit pour Acrimed en septembre et décembre 2008. Mathias Reymond est maitre de conférences en sciences économiques et co-animateur de l'Observatoire des Médias Acrimed.
La presse satirique a connu et connaît de nombreuses
déclinaisons : bête et méchante avec Hara Kiri ou Zoo,
investigatrice avec le Canard Enchaîné, politiquement engagée à
gauche avec Charlie Hebdo ou La Grosse Bertha et
à l’extrême-droite avec Minute. Le point
commun entre tous ces périodiques est qu’ils font la part belle au dessin de
presse.
A gauche, que cette position soit ou non ouvertement
revendiquée, ceux qui sont marqués du sceau de la contestation radicale ont
deux ancêtres : Hara Kiri pour la transgression
provocatrice de l’ordre moral et Siné Massacre pour le combat
politique (anticolonialiste, antimilitariste, anticlérical…). Deux filiations
différentes, même si l’on trouve des thèmes communs…
La
presse satirique dont la vocation est ouvertement politique et classable à la
gauche de gauche comme Charlie Hebdo (avant son évolution
droitière sous l’ère de Philippe Val) ou La Grosse Bertha,
s’inscrit plus exactement dans une histoire marquée par deux journaux créés par
Siné : non seulement Siné Massacre, mais surtout L’Enragé.
En
septembre 1960, paraît dans les kiosques, le mensuel « bête et
méchant » Hara Kiri fondé par Georges Bernier (qui
deviendra le Professeur Choron) et François Cavanna. Dans une époque où les
médias de parti-pris, même quand ils s’opposent au pouvoir gaulliste, sont
prisonniers de l’ordre moral et des bienséances oppressives, le périodique
détonne et, à cause de ses provocations transgressives, connaît plusieurs
interdictions.
Mais
pour Siné, les provocations d’Hara Kiri ne sont guère politiques.
Position qu’il avait précisée dans un entretien accordé à
Philippe Krebs et publié par Agoravox [A] : « J’ai
pris Hara-Kiri en marche. Je n’étais pas là au début. (…) Je
trouvais que ce n’était pas assez politique et que ça déconnait trop. Et je
trouvais que ce n’était pas assez de gauche. (…) Hara Kiri, je lui
faisais un reproche, c’était vulgaire surtout. Moi, il y a des trucs qui me
choquaient, mais c’était mon éthique. Quand il y a des gros dégueulis sur les
pages, je faisais, orrfff ! J’étais pas choqué moralement, mais c’étaient
mes yeux qui ne s’habituaient pas... Des grosses bites, des colombins, cette
culture de la merde... ça ne me faisait pas trop rire et je trouvais ça
dégueulasse. »
Siné Massacre
Entré
à L’Express en mai 1958, après la prise du pouvoir par le
général De Gaulle [B], Siné, déjà très controversé pour ses dessins
antimilitaristes et favorables aux algériens, quitte cet hebdomadaire en
novembre 1962 en claquant violemment la porte suite à la déclaration
d’Indépendance de l’Algérie. Dans sa lettre de démission il écrit :« En
publiant mes dessins dans votre journal depuis plus de quatre ans, je me suis
fait des ennemis et des amis. (…) C’est pour ceux-là, pour ne pas perdre leur
amitié à laquelle je tiens plus que tout au monde, que je quitte L’Express aujourd’hui.
Depuis l’Indépendance, Jean Daniel, K. S. Karol et Claude Krief plantaient déjà
allégrement des banderilles dans le dos des Algériens blessés. Cette fois-ci,
c’est Jean Cau, vaillant matador « bien d’chez nous », qui essaie de
les achever d’une façon particulièrement ignoble et répugnante ! Algérien,
je lui couperais « les oreilles et la queue »… Algérien et ministre,
j’interdirais votre journal… Français et ami des Algériens, je ne peux que vous
donner ma démission. » [C]
Siné
fonde alors, avec l’aide de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert, Siné
Massacre dont il est le directeur de publication, le rédacteur en
chef, le directeur artistique, et, pour le n°1 de 4 pages, l’unique
contributeur (20 décembre 1962). Dans le n°2, Jacques Vergés, alors avocat de
Siné, signe un texte de soutien. A partir du n°3, d’autres dessinateurs
interviennent, notamment Strelkoff. Le n°4 est un véritable brûlot éditorial
entièrement consacré à la liberté de la presse avec des illustrations
satiriques des pages du Code Pénal dédiées à la presse.
Le
périodique ne contient que des dessins coups de poing adressés au pouvoir
gaulliste, aux religieux, aux militaires, et aux colons. Hebdomadaire jusqu’au
n°7 (31 janvier 1963), Siné Massacre devient mensuel pour ses deux
derniers numéros. Le n°9 – 36 pages -, et dernier numéro, cible sa
critique sur le colonialisme. En neuf numéros, Siné a eu… neuf procès. Siné
Massacre, à la maquette minimaliste, devance le Charlie Hebdo de
la première époque, tant sur la forme que sur le fond ; il offre
l’architecture commune à toute la presse satirique politique d’extrême-gauche.
L’Enragé
Pendant
ce que l’on appelle – pudiquement – les « événements de Mai 68 »,
Siné, épaulé à nouveau par Jean-Jacques Pauvert, lance L’Enragé avec
un G en forme de faucille et de marteau. Le journal n’est pas pour autant
proche du Parti Communiste, bien « trop mou » pour
Siné. Un vent de liberté souffle alors dont témoignent les affiches de mai et
d’autres publications éphémères comme Action et Les Cahiers
de Mai. L’Enragé, dans une veine anarchiste, est de la partie.
Une véritable tornade, qui franchit toutes les limites imposées à la liberté
d’expression.
Dès
le n°1, l’éditorial annonce la couleur :
« Ce
journal est un pavé
Il peut servir de mèche pour cocktail Molotov.
Il peut servir de cache matraque.
Il peut servir de mouchoir anti-gaz.
Nous serons tous solidaires, et nous le resterons, de tous les enragés du Monde.
Nous ne sommes ni étudiants, ni ouvriers, ni paysans,
Il peut servir de mèche pour cocktail Molotov.
Il peut servir de cache matraque.
Il peut servir de mouchoir anti-gaz.
Nous serons tous solidaires, et nous le resterons, de tous les enragés du Monde.
Nous ne sommes ni étudiants, ni ouvriers, ni paysans,
mais nous tenons à
apporter notre pavé à toutes leurs barricades.
Si certains d’entre vous ont des difficultés ou éprouvent des scrupules à s’exprimer dans les journaux traditionnels, venez le dire ici : vous êtes chez vous !
Si certains d’entre vous ont des difficultés ou éprouvent des scrupules à s’exprimer dans les journaux traditionnels, venez le dire ici : vous êtes chez vous !
Dans
ce journal rien n’est interdit, sauf d’être de droite !
Aux armes, enragés, formez vos bataillons ! Marchons, marchons,
Aux armes, enragés, formez vos bataillons ! Marchons, marchons,
un sang
impur abreuvera bientôt nos sillons ! »
Outre
un texte de Jacques Prévert, on n’est pas étonné de lire aussi les paroles de
« L’internationale ». Le reste n’est que dessins et slogans. On
retrouve Siné donc, Wolinski, Topor, Gébé, Cardon, Malsen, Willem, Cabu… La
passerelle avec les dessinateurs d’Hara Kiri est faite. Les
insultes volent haut. Le Général De Gaulle, les CRS, les curés, l’Etat d’Israël,
la CGT, le PC, la presse qui ment, etc. Tout y passe et L’Enragé ose
tout.
Le
journal va jusqu’à titrer : « Crève général » (n°2) en lettres
gothiques.
Dans
le n°4, Siné imagine une conversation entre Waldeck Rochet et Aragon à partir
de propos qu’ils ont tenus, dans laquelle, le poète répond au discours
réactionnaire et patriotique du secrétaire général du Parti Communiste.
Extraits :
- Waldeck Rochet : Le drapeau tricolore n’est pas la propriété privée du patronat et de son pouvoir, c’est le bien du peuple entier. Nous n’oublions pas nous, communistes, que le mot patriote est né de la grande Révolution française. (10 juin 1968)
- Louis Aragon : Plus encore que le patriotisme qui est une hystérie comme une autre, mais plus creuse et plus mortelle qu’une autre, ce qui nous répugne, c’est l’idée de patrie qui est vraiment le concept le plus bestial, le moins philosophique, dans lequel on essaie de faire entrer notre esprit. (15 octobre 1925)
Cela
n’empêche pas Siné de préciser : « Est-il besoin d’ajouter
qu’au cours des prochaines élections, je voterai, comme toujours, communiste.
Cela me paraît aller de soi. » (n°3)
Le
n°5 publie un portait d’Hitler en « une », et le numéro est un
assemblage de tracts de propagande nazi. Tout en allemand. Sans explications.
Sans commentaires.
Après
l’été, alors que Siné - en voyage en Amérique Latine - a cédé la gestion du
périodique à Wolinski, la contestation s’essouffle et le douzième et dernier
numéro paraît en novembre 1968. Quelques mois plus tard, le 3 février 1969
paraît le n°1 d’Hara Kiri hebdo qui deviendra L’Hebdo Hara
Kiri puis Charlie Hebdo après la mort du Général De
Gaulle…
Hara
Kiri Hebdo, avec une vocation plus politique que le mensuel,
s’inspire fortement de ces deux journaux créés par Siné. Selon Cabu, « c’est
grâce à Mai 68 et au succès de L’Enragé que Cavanna a décidé
de lancer Hara-Kiri Hebdo au début 69 » [D]. La
provocation transgressive et la contestation politique radicale nouent alors
une véritable alliance dans deux titres successifs : Hara Kiri
Hebdo etCharlie Hebdo… Jusqu’à la normalisation de ce dernier.
Mais c’est une autre histoire : celle de Charlie Hebdo…
retour sur la normalisation de Charlie Hebdo.
Eté
1992. Charlie Hebdo, journal « mythique » des années 70,
mort en décembre 1981 et enterré le 2 janvier 1982, chez Michel Polac sur TF1,
renaît de ses cendres. A l’essentiel de l’équipe des anciens (Cavanna, Cabu,
Gébé, Willem, Wolinski, Delfeil de Ton et Siné), s’ajoutent des nouveaux
(Charb, Luz, Riss, Honoré, Bernar, Tignous, Plantu, Olivier Cyran, Oncle
Bernard, etc.), des artistes du music-hall (Renaud et Patrick Font), et le
chansonnier et ex-rédacteur en chef de La Grosse Bertha :
Philippe Val. Le programme s’annonce alléchant. Un absent de marque
toutefois : Georges Bernier, alias le Professeur Choron.
Un signe.
Eté
2008. Le journal « mythique » des années 70 n’est plus que la pâle
copie de ce qu’il était seize années plus tôt. Figure emblématique de l’hebdo,
le dessinateur Gébé est mort, ainsi que Bernar et Pasquini. Des journalistes de
talent ont pris la porte : au revoir Olivier Cyran, au revoir François
Camé et Anne Kerloc’h, au revoir Michel Boujut, au revoir Mona Chollet… Un
dessin de Lefred Thouron sur Patrick Font (en procès pour pédophilie) ne passe
pas : Lefred quitte le navire (le dessin sera publié après son départ,
avec un mot de Philippe Val). Renaud, un des principaux actionnaires, abandonne
aussi l’hebdo. Patrick Font, condamné à une peine de prison, disparaît
rapidement des photos de son ex-comparse, Philippe Val. Wolinski dessine
pour Paris Match, Le Journal du Dimanche et les
publicités St Yorre, Cabu donne ses meilleures caricatures au concurrent d’en
face, le Canard Enchaîné et les jeunes (Jul, Charb, Tignous,
etc.) font la queue pour griffonner pour la télévision, dans des émissions de
bas de gamme.
Engraissée
par les euros et les repas mondains, notabilisée par les soirées chez Ardisson
et les cocktails avec BHL, glorifiée avec le procès des caricatures et la
montée des marches à Cannes, l’équipe de Charlie Hebdo décide,
à la quasi-unanimité, de renvoyer Siné pour propos prétendument
antisémites [3].
On
ne rigole plus à Charlie Hebdo. Avec son impertinence, l’équipe
restante a aussi gommé de sa mémoire ses éclats de rire d’autrefois et les
nôtres par la même occasion... Ainsi de cette brève parue dans son numéro 1, le
1er juillet 1992 : « Les premières mesures de la gauche au
pouvoir en Israël : pour pallier la pénurie de calamars, le gouvernement
lance une grande campagne de récupération des prépuces. » Une
brève qui, selon le rédacteur en chef adjoint, Charb, « ne passerait plus
aujourd’hui » [4].
Pourquoi,
et comment, un hebdomadaire satirique, mariant humour acide et critique
sociétale, a-t-il subi une telle dérive ?
I.
Le ver était déjà dans le fruit
Le
processus de normalisation avait déjà commencé au sein de la Grosse
Bertha, avant même la renaissance du titre Charlie Hebdo.
Les dessous de La Grosse
Hebdomadaire satirique
et « bordélique », La Grosse Bertha est
née au début de la guerre du Golfe, en janvier 1991. Quelques mois après le
lancement, Philippe Val, tout droit venu de la scène, emprunte l’habit de
rédacteur en chef. Et les querelles ne se font pas attendre :« On
était partis avec “Un éclat de rire par page” et on se
retrouvait sermonnés au nom du précepte : “Il faut des
indignations.” » [5]
Certains rédacteurs sont mis sur la touche. Et l’autoritarisme de Val en irrite
(déjà) plus d’un. « Un jour, Godefroy [Jean-Cyrille
Godefroy était le directeur de la publication] eut la surprise
d’entendre de la bouche du rédacteur en chef : “Je te préviens,
au prochain conflit entre nous, je te vire.” Un rédac’ chef virant le
propriétaire du journal [6],
c’eût été une grande date de l’histoire de la presse. Du coup, Godefroy demanda
à Philippe Val de rentrer dans le rang, pour que le journal retrouve son
ambiance déconnante, sa joyeuse anarchie, l’excitation des bouclages où tout te
monde dit son mot sur la couverture. » Val reste
inflexible :« Refus outré. À notre grand désarroi, nous vîmes
alors le doux Cabu faire bloc avec Val, ce génie méconnu, accusant Godefroy et
quelques autres d’entraîner le journal “à droite”. Une accusation
dont les lecteurs peuvent vérifier après coup la stupidité… Sidérés, ne
comprenant pas grand-chose au conflit dont ils étaient pour la plupart
éloignés, beaucoup de copains de la rédaction virent Cabu claquer la porte et
appeler les masses à le suivre, avec un mauvais rictus qu’on ne lui connaissait
pas. Quelques jours plus tard, l’opinion étonnée vit sortir
du caveau le défunt Charlie Hebdo, un titre d’ailleurs piqué sans vergogne
à son propriétaire, le professeur Choron. » [7]
La
suite, on la connaît. Philippe Val, Cabu et les anciens, et avec le renfort de
quelques jeunes talents, lancent Charlie Hebdo, deuxième
époque. « Pour faire quel journal ? », s’interroge
Val. « Eh bien nous avons fait un sondage représentatif de
mille cons, pour solliciter leur avis, et on a fait le contraire. [8] » Le contraire,
vraiment ?
Quinze
ans plus tard, Charb ne semble pas en être convaincu. Devant ses potes, lors du
festival de Groland en septembre 2007, il affiche son
désaccord : « Le truc qui est dur pour les gens
de Charlie c’est que Val est tellement atypique dans Charlie
Hebdo... c’est lui le directeur et c’est lui qui ressemble le moins au journal
quasiment [9]
(...) Si j’étais directeur d’un journal et si j’avais les moyens de
faire un journal, il n’y aurait pas Val dans le journal. En tout cas, ce
qu’il exprime dans le journal, ça n’existerait pas . » [10]
Il
affiche son désaccord… Mais il reste rue Turbigo. Contacté par Acrimed, il
s’explique : « Dire que Charlie Hebdo est le
journal parfait dans lequel je rêve de travailler est évidemment faux (…). Mais
j’ai moins de liberté dans des journaux qui me sont plus proches politiquement
que dans un journal dirigé par Val. » Nous voilà rassurés.
Les coulisses de Charlie
A
peine paru en 1992, le journal écope d’un procès. Delfeil de Ton, aujourd’hui
chroniqueur au Nouvel Observateur, membre de l’équipe du
premier Charlie Hebdo, présent lors de la création du deuxième,
fait état de souvenirs que nous ne pouvons pas vérifier, mais qui témoignent de
l’opacité du contexte : « Bernier (alias Professeur Choron)
proteste mais, en fait, il n’avait pas la propriété, le titre n’ayant jamais
été déposé. Procès. Nous témoignons tous, sur le conseil de l’avocat Richard
Malka, que Cavanna a inventé le titre. En réalité, bien malin celui qui
pourrait dire qui l’a inventé. Tout le monde a tout de suite pensé à faire un
« Charlie- Hebdo », en 70, quand « l’Hebdo hara-kiri » a
été interdit [11], puisque
outre le mensuel « Hara-Kiri » on avait un autre mensuel qui
s’appelait « Charlie », que j’avais d’ailleurs fondé. » (Le
Nouvel Observateur, 14 août 2008) « L’astuce de Malka, poursuit
Delfeil de Ton, c’était que, comme il n’y avait pas de propriété
commerciale établie, il fallait jouer le droit d’auteur. Donc, tous ensemble,
lettres au tribunal, comme un seul homme et tous fabulateurs : « C’est
Cavanna qui a inventé le titre. » Voilà Cavanna proclamé auteur du
titre par le tribunal. Conséquemment, il se retrouve également propriétaire de
la valeur patrimoniale de « Charlie-Hebdo », de la marque
« Charlie-Hebdo » comme disent les économistes. »
Et
la conception de Charlie Hebdo nécessite un capital. Au début
de 2 000 francs, « il est aujourd’hui de 240 euros, précise Le
Monde [12],chacune des 1 500 parts valant
symboliquement 16 centimes. » Les actionnaires de départ sont
Gébé, Val, Cabu, Bernard Maris et Renaud. Le départ de Renaud et la mort de
Gébé ont réorganisé la répartition : 600 parts pour Val, 600 pour Cabu,
200 pour Maris et 100 pour Eric Portheault, le comptable. La situation est
telle, qu’en 2006, « les Editions Rotative, éditrices de Charlie
Hebdo, ont enregistré un résultat bénéficiaire de 968 501 euros. (…) [Et] 85%
de cette somme ont été redistribués en dividendes. » [13] Ainsi,
Val et Cabu ont chacun perçu 330 000 euros en 2006. Une broutille.
Comment
en est-on arrivé là ? Delfeil de Ton replonge dans ses souvenirs [14] : « Un
jour, Cavanna, Val et moi, on se retrouve chez Malka. Pour Cavanna et moi, il
était notre avocat à tous. En fait, il était l’avocat de Cabu et Val. Nous lui
demandons de préparer des statuts à la manière de ce que nous pensions être
ceux du Canard enchaîné : les sept (dont Cabu)
fondateurs encore vivants de Hara-Kiri hebdo (notre premier
titre), puis de Charlie Hebdo, plus Val, seraient propriétaires
temporaires à parts égales. Chaque part reviendrait à un collaborateur du
journal choisi par les survivants après chaque décès. (…) Les
semaines succèdent aux semaines et rien ne vient. Je fais irruption chez Malka.
Je lui demande où il en est de ces statuts pour une société. Il me sort un
brouillon de charte. J’ai compris qu’on se foutait de nous. » [15]
Le ver était déjà dans le fruit. Et l’hégémonie du chef ne s’affaiblissait
pas… « Comme, déjà, l’autoritarisme de Val m’était insupportable,
sa morgue, sa prétention, à quoi s’ajoutait l’ennui qui régnait dans la salle
de rédaction, j’ai foutu le camp sans phrase, après cinq mois de collaboration,
me contentant un dimanche de bouclage de ne pas envoyer mon article. Le mardi
je recevais par la poste, sans un mot d’accompagnement, un « pour
solde de tous comptes ». C’était en mars 1993. »
Charlie
Hebdo, hebdomadaire décalé, bête et méchant ?
Non. Charlie Hebdo, parodie de satire, et réelle entreprise
capitaliste.
II. Et le fruit a pourri le panier
Adaptations
à l’air du temps et normalisation interne produisent leurs effets : Charlie se
transforme en hebdomadaire recentré, consensuel, convenable, déontologique,
respectable.
-
Recentré.
Dans le Charlie Hebdo du 21 mai
1997, avant les élections législatives, un sondage interne au journal
dévoilait : « A "Charlie", 9 votent Vert, 7
PC, 4 s’abstiennent, 1 LO, 1 LCR et ... 2 PS », et un personnage
dessiné par Charb s’inquiétait déjà : « 2 PS ? Merde...
Je pensais pas que la droite avait infiltré "Charlie". » [16] Une inquiétude ironique
largement confirmée depuis, puisqu’une brève du 18 avril 2007 signale que « sur
38 collaborateurs de Charlie Hebdo : 18 votent Royal ,
9 votent Voynet, 3 votent Buffet, 3 votent Besancenot, 3 votent
Bayrou , 1 vote Bové, 1 vote blanc. » Soient 21
collaborateurs qui votent à « droite » et 16 à
gauche. Charlie Hebdo, de droite ? Oui, si l’on en croit
Philippe Val lui-même, puisque ce dernier, en juin 1998 écrivait que « la
vraie droite aujourd’hui, c’est le PS. » Neuf ans plus tard, le 9
février 2007, il lâche chez Pascale Clark sur Canal+ (« en
aparté ») : « Je voterai pour le candidat de gauche le
mieux placé. » Le mieux placé ? Comprendre Ségolène Royal.
-
Consensuel.
Sur les principales questions
internationales, Charlie hebdo reproduit peu à peu les
positions dominantes. Ainsi sur le Kosovo. Alors que dans les
années 70, Cabu s’insurgeait « contre toutes les guerres » et
collectionnait les procès intentés par l’armée, en 1999, il soutient, avec
toute l’équipe de Charlie Hebdo, exception faite de Siné et Charb,
l’intervention militaire de l’OTAN au Kosovo. Dans le n°361 de Charlie
Hebdo (19 mai 1999), en lieu et place de la chronique de Charb, un
texte de Riss (qui n’écrit pas d’ordinaire) reproche même aux pacifistes d’être
des collabos ! De même sur le traité constitutionnel européen : si
d’autres voix que celle de Philippe Val se font entendre, c’est lui qui conduit
une campagne véhémente et caricaturale contre les partisans du
« non » au référendum.
-
Convenable.
La normalisation du journal s’accompagne donc
d’une réorientation de la ligne éditoriale. Celle-ci prend pour cibles
prioritaires l’islamisme et le mouvement de contestation de la mondialisation
libérale, généreusement amalgamés. Cette dérive a été renforcée avec l’arrivée
en force de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, toutes deux en lutte
contre « l’islamo-gauchisme ». Des positions qui
plaisent. Ajoutez à cela, le procès des caricatures de Mahomet, et pour tout
soutien celui, sans risques, à des causes très populaires – Ingrid Betancourt,
Florence Aubenas, Ayaan Hirsi Ali… Et vous ne tarderez pas à voir rappliquer
les mondains, Bernard-Henri Lévy en tête. BHL adore les livres de Caroline et
de Philippe, et c’est réciproque. Il est loin le temps où le philosophe des
beaux quartiers, « l’Aimé Jacquet de la pensée », selon
Val, était hebdomadairement croqué par Luz et raillé par Val.« Prononcer
le nom de nos têtes pensantes – BHL, PPDA, Finkielkraut, Luc Ferry, Johnny
Hallyday, Comte Sponville, Alain Minc… - dans un amphi d’université, écrivait
alors le patron deCharlie Hebdo, aujourd’hui, provoque à tous
les coups une hilarité libératrice. (…) Le film de BHL avec Alain Delon, promu
par tous les médias, a fait un bide. Le livre de Bourdieu sur la domination masculine,
promu par personne, fait un triomphe. Si ça ne vous rend pas joyeux au point
d’éclater de rire, c’est que vous avez vraiment mauvais caractère. » (« Les
BHL se rebiffent », Charlie Hebdo, 23 septembre 1998) Charlie
Hebdo est devenu convenable.
Libres
aux journalistes de Charlie Hebdo et aux lecteurs d’approuver
sans haut-le-cœur cette nouvelle « offre politique » et cette entrée
par la petite porte dans la cour des « grands ». Mais force est de
constater qu’il s’agit d’un détournement d’héritage qui n’a pas été sans
conséquences.
Ce
glissement politique de gauche à droite, de la paix vers la guerre, de la
subversion vers l’orthodoxie, s’est fait progressivement, mais sûrement. On
voit ainsi disparaître, dans le silence quasi-général, des signatures
talentueuses (Cyran, Camé, Boujut,…) au profit de plumes conventionnelles et/ou
médiatiquement plus « reluisantes » : le dessinateur Joan Sfar,
l’ex-patron de France Inter Jean-Luc Hees, le sociologue médiatique Philippe
Corcuff (lui même acculé à démissionner [17]),
Renaud Dély venant de Libération, Philippe Lançon du même, Anne
Jouan du Figaro, etc...
-
Respectable.
Cette normalisation contribue à une
notabilisation du journal que Philippe Val justifie comme un choix majeur en
2005 :« J’ai de la chance, explique le patron de Charlie Hebdo,
car j’ai en quelque sorte “hérité” d’un titre légendaire que j’exploite. [...] Son
image est assez complexe et pas toujours porteuse. Son existence est légitime,
mais son contenu pas toujours. C’est le paradoxe. [...] » (Entretien
accordé au magazine TOC en février 2005). Parmi les options
destinées à dénouer ce paradoxe, celle-ci : « légitimer
le titre aux yeux des gens qui constituent le milieu de l’information et avec
qui j’entretiens des rapports cordiaux . » [C’est
nous qui soulignons] Pour entretenir les « rapports
cordiaux » avec les « gens » qui permettent de légitimer
le titre, non seulement il faut émousser voire taire toute critique, mais
surenchérir dans la dénonciation de la critique des médias. A quoi Philippe Val
s’emploie dans ce même entretien, comme on peut le lire ici même sous le
titre « Philippe
Val, critique, stratège et ... psychiatre », et dans l’ensemble de son
œuvre [18].
Telle
est la dure loi du « milieu de l’information » : les
arrivistes doivent payer au prix fort leur arrivée.
-
Déontologique.
Au prix fort… En effet l’évolution
conjointe des positions politiques et du positionnement médiatique n’a pas été
sans effet sur les pratiques journalistiques de l’hebdomadaire, et, au premier
chef, de Philippe Val lui même : calomnies et mensonges (notamment sur
Noam Chomsky), fausses rumeurs (par exemple sur le Forum social européen), diffamations
de membres de l’Observatoire français des médias, refus des droits de réponse,
que nous avons plusieurs fois relevés ici-même [19]…
-
Pacifié.
De telles pratiques journalistiques, la
normalisation du journal et les prises de position de Val, auraient pu,
auraient dû, susciter réaction et rébellion à Charlie Hebdo, et
l’exclusion de Siné aurait peut-être permis à ceux qui pensaient tout bas, de
sortir tout haut du rang. Il n’en a rien été. Même le rédacteur en chef adjoint
du journal et (ex-)ami de Siné, Charb, est resté silencieux. Parce qu’il est
celui qui semblait être le plus indomptable de tous, ses choix personnels,
entre compromis et compromission, ont donc valeur d’exemple…
Charb a
estimé, le 16 juillet 2008, que Siné avait porté – c’est un comble - « atteinte »
aux « valeurs essentielles » de Charlie Hebdo. Et
c’est pourtant le même Charb qui dans sa chronique « Charb
n’aime pas les gens » datée du 30 juillet 2008 écrit : « Personne
n’a dit que Siné était antisémite (…) parce que ça n’a jamais été le sujet du
débat. Aurait-on travaillé durant seize ans avec un antisémite ? Moi,
non. » Si cela n’a jamais été le sujet du débat, alors pourquoi
Philippe Val, dans son éditorial du même jour se pose la question et ressort
une affaire vieille de 26 ans ? « Antisémite, Siné ? Ce
n’est pas à moi d’en juger. Mais au lendemain de l’attentat de la rue des
Rosiers, en 1982, c’est lui-même qui déclarait sur la radio Carbone
14 : "Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer.
Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs… Je veux que
chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro palestinien. Qu’ils
meurent." [20] » Le
prétendu antisémitisme de Siné, a bien été le sujet du débat à Charlie
Hebdo et le prétexte de son exclusion.
Dans
la même chronique, Charb écrit : « Val aurait cessé de
publier les chroniques de Siné parce qu’il critiquait la politique d’Israël
dans les territoires occupés, (…) je serais parti du journal. » Cependant,
dix ans auparavant, Siné a écrit une chronique sur le conflit
israélo-palestinien, qui était passée à la trappe (n°319, 29 juillet 1998). Le
libelliste a ensuite publié une version modifiée – plus courte et plus
édulcorée - dans sa zone du 5 août 1998 (n°320). Charb n’avait pas démissionné
pour autant. Compromis indispensable ? [21]
De
même, lorsqu’on rappelle à Charb ses positions sur les médias, celui-ci
explique : « Je ne suis pas un spécialiste des médias (…).
Quant au travail de Pierre Carles, l’affiche que j’ai faite pour son film [« Enfin
Pris ? »], etc. Je ne renie rien et puis suivant ce que les uns et
les autres sortent ou produisent … ça m’arrive de bien aimer leur boulot
encore. Je n’ai pas changé de position là-dessus. Je n’ai pas l’impression que
ce soit moi qui ai changé de position. C’est sûr qu’on ne me demande plus
d’affiche pour Pierre Carles, mais enfin pourquoi pas ? » [22]
Pourtant,
quand Val prend violemment à parti Serge Halimi en 2004, alors qu’il l’avait
soutenu 7 ans plus tôt [23],
Charb regarde ailleurs.
Avant,
Charb n’aimait pas les gens, mais maintenant, il a accepté, avec la
pacification très relative de Charlie Hebdo, de monter les marches
du festival de Cannes en compagnie de BHL et de Joffrin, de pérorer chez
Ardisson ou de dessiner pour Marc-Olivier Fogiel… et, finalement, de renvoyer
Siné.
Epilogue
L’exclusion
de Siné pourrait bien sonner le glas de Charlie Hebdo.
Siné
s’est toujours rangé du côté des « damnés de la terre »,
des« insoumis » et des « dominés »,
et toujours contre « tous les curés »et « les
connards » du monde entier. Prendre prétexte d’une phrase pour le
virer de Charlie Hebdo est donc lourd de signification.
Relisons-là (une dernière fois) : « [Jean
Sarkozy] vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant
d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du
chemin dans la vie, ce petit ! »
Aurait-elle suscité tant de
haine et tant de passion si Siné avait écrit : « [Jean
Sarkozy] vient de déclarer vouloir se convertir à l’Islam avant
d’épouser sa fiancée, musulmane , et héritière
des puits de pétrole d’Arabie Saoudite. Il fera du chemin dans la vie, ce
petit ! » ?
Aurait-on vu les BHL, Adler, Bruckner,
Badinter, Wiesel, Delanoë, Voynet et consorts prendre leur plume et signer
dans Le Monde un texte contre Siné[1er
août 2008..]] ?
Non et non. Il n’était pas question de religion, mais
simplement d’opportunisme. Les bien-pensants n’ont rien compris.
En
1981, Siné écrivait dans Charlie Hebdo, une phrase qui résume assez
bien ses parti-pris : « J’aime le pognon mais pas les riches,
j’aime la paix mais je suis prêt à tuer, (…) j’aime les juifs pas Israël, les
arabes pas les émirs, les prolos pas le PC. »
A près de 80 ans,
celui qui avait fondé Siné Massacre pendant la guerre
d’Algérie (dont la maquette inspira l’Hebdo Hara-Kiri, 7 années
plus tard) et qui a créé L’Enragé en mai 68, s’apprête à
sortir un nouveau journal. Son nom ? Siné Hebdo,
naturellement.
Et Charlie Hebdo ?
De Charlie Hebdo, il ne reste que le titre… Charlie
hebdo a continué, mais ce n’était plus le Charlie Hebdo des
origines.
Après la tuerie, malgré la tuerie, Charlie Hebdo continue :
tant mieux !
Mathias
Reymond 8 décembre 2008, 8 septembre 2008
Source
Acrimed.org
[A]
Sous le titre : « Maurice Siné : attention chat bizarre.
De Siné massacre à Charlie Hebdo... ».
[B]
Dans un entretien publié sur le blog des « Allumés
du Jazz », Siné déclare : « Je suis entré à L’Express le
13 mai 1958, le jour où De Gaulle a pris le pouvoir avec les paras. Je
craignais le pire et proposais un peu plus tard aux avocats (Vergès) du FLN de
leur filer un coup de main dans la mesure du possible. J’estimais que mes
dessins ne suffisaient pas à exprimer ma rage et à assouvir ma colère. »
[C]
Cité dans Siné, « Pourquoi tant de haine ? », Paris, La
Découverte, 1989.
[D]
Entretien publié sur le site « Increvables
anarchistes ».
[1] Voir, « Quand Philippe Val, Charlie
Hebdo et BHL maltraitent la liberté d’expression... Acrimed soutient
Siné ».
[2] Sur
cette histoire, lire aussi la tribune de Stéphane Mazurier publiée sur le site
de Télérama, le 24 juillet 2008, sous le titre « L’honneur
perdu de Charlie Hebdo ».
[3] Seuls
Tignous et Willem ont signé la pétition de soutien à Siné. Michel Polac et
Cavanna semblent également avoir été réticents à l’exclusion de Siné, mais se
sont soumis, sans mettre leur démission dans la balance.
[4]
L’entretien avec Charb a eu lieu le 22 août 2008.
[5]
« Les dessous coquins de La Grosse », La
Grosse Bertha, 29 août 1992, trouvé sur presselibre.net (mais le lien n’est
plus accessible - août 2010) et reproduit sur le site« Le
Blog de Philippe V., éditorialiste martyr ».
[6]
D’après Philippe Val, le titre a été trouvé par Gébé, mais a été déposé par
Godefroy.
[7] Ibid.
[8] Charlie
Hebdo, 1er juillet 1992.
[9] Merci
au correspondant qui nous a signalé l’omission de cet adverbe qui, lisible sur
la vidéo) nuance le sens de la phrase (Acrimed, 17 août 2009).
[10]
« Charlie Hebdo se fait Hara-Kiri », montage de Pierre
Carles, disponible en ligne sur le site du Plan B, 2008.
[11] En
réalité le journal a été interdit d’affichage.
[12] 30
juillet 2008.
[13] Ibid.
[14] Le
Nouvel Observateur, article cité.
[15]
Cette version des faits est contestée par Cabu et Val dans un long droit
de réponse (publié, lui, à la différence de certains qui sont adressés
à Charlie Hebdo) paru dans Le Nouvel Observateur du
4 septembre. Le texte de Val (et Cabu) est contestable sur plusieurs points sur
lesquels nous ne reviendrons pas non plus. D’ailleurs, Delfeil de Ton maintient
l’essentiel de sa version.
[16]
Cité par Le Plan B, juin 2007.
[17]
Mais qui prend soin de préciser : « Mon départ ne change rien
à ma solidarité avec la rédaction en général et avec Philippe Val en
particulier face aux insultes répétées et aux informations erronées [lesquelles ?] diffusées
par PLPL » et qui, conformément à ce type
d’engagement, s’est courageusement abstenu de défendre Siné, préférant
travailler « du côté des tonnelles ombragées de notre mélancolie
politique ». Lire sur son blog : « Périls
sur l’antiracisme en France : du Proche Orient à "l’affaire
Siné" »(pour les plus pressés, et les moins courageux, se rendre
directement au post scriptum).
[18]
Lire ici même : Philippe
Val : « la critique radicale des médias alliée du grand
capital » - Philippe
Val recycle son éditorial purificateur sur France Inter - Philippe Val, épurateur
chronique ; - Droit
de réponse à Philippe Val, psychiatre, historien et patron de presse ;
- Philippe Val se charge
de l’épuration de l’Observatoire français des médias.
[19]
Echantillon : « Philippe
Val, propagateur de calomnies et docteur ès déontologies » suivi
de « Philippe Val
sur France Inter : un récital de mensonges et de calomnies contre
Chomsky » - « Elle
court, elle court la rumeur », suivi de« Charlie Hebdo court
après les rumeurs qu’il répand ».
[20]
Sur cette affaire, Siné, qui s’était excusé le plus sobrement possible,
s’expliquesur le
site de Rue89,.
[21]
Son positionnement (stratégique ?) dans le renvoi de Siné, n’est-il pas dû
alors au projet d’éditions qui anime l’équipe de Charlie ? La
société d’éditions « Les Echappés », qui compte comme actionnaires
principaux Riss, Luz, Catherine et Charb, et dans une moindre mesure Val et
Cabu, aurait-elle pu voir le jour si Charb était allé au charbon et avait
soutenu son « pote » Siné ? « Cela
n’a rien à voir,répond-il, la maison d’éditions c’est un truc marginal
par rapport à mon rôle dansCharlie Hebdo. »
[22]
Peut-être fera-t-il celle du film « Charlie Hebdo se fait Hara
Kiri », cité plus haut, dont il est le héros (involontaire) ?
[23]
Voir quand Philippe Val
se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias et le
droit de réponse de Serge Halimi : Droit de réponse à Philippe Val,
psychiatre, historien et patron de presse.
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