lundi 21 mai 2012

PRÉSENTATION DE MARIE-MADELEINE À MONT DE MARSAN



Présenter Marie-Madeleine à Lou Moun - Mt de Marsan* -, le Trois Rivières Français**, c’est comme jeter une pierre à l’eau puisque, tout  comme Vézelay, ce joli coin des Landes est sous la protection de la Sainte patronne.
L’église de la Madeleine qui date du début du 19ème siècle, a été précédée d’une église romane, suivie d’une église gothique qui étaient des prieurés bénédictins sous l’autorité de l’Abbaye de St Sever.
Le site se trouve sur le chemin limousin – Via Limovicensis - qui mène à St Jacques de Compostelle. On rentrait dans la ville par le pont de la «May de Diu». Chaque année, la tradition, qui remonte au 16ème siècle grâce à Henri IV, est de sortir la statue de Marie-Madeleine pour la porter en procession jusqu’aux arênes de Plumaçon où se déroulent des spectacles de tauromachie et d’«encierro» - courses de vaches landaises – 
Vous trouverez sur ce lien un aperçu de ce qu’il reste aujourd’hui de cette tradition.
//legrandchantier.blogspot.fr/2011/07/pauvre-madeleine.html

Bref, si l’église de la Madeleine est remarquable par ses peintures et sa fresque sur la vie de Marie Madeleine qui va servir d’introduction et de fil conducteur à ma présentation, il y a un joyau roman dédié à St Jean Baptiste qui se trouve à proximité de l’endroit où je demeure quand je viens dans ce coin de France : l’église St Médard, un des cinq relais qui forment la paroisse « Notre Dame des Trois Rivières » - çà ne s’invente pas et j’aime ces clins d’œil de la Vie! –
La représentation au dessus de l’entrée du porche rappelle la présence des Antonins.

Sur la magnifique porte en noyer on peut voir St Antoine l’ermite sur la partie droite et st Jean Baptiste sur la gauche tandis qu’à l’intérieur, au dessus, se trouve la coquille rappelant que les pélerins sur le chemin de St Jacques passaient ici. Ils devaient d’ailleurs être hébergés dans la salle voutée et sur le côté gauche de l’église.



La voute de la nef est en berceau longitudinal qui attire l’œil vers le retable sculpté de St Médard à gauche, de St Jean Baptiste à droite et de sa vie de part et d’autre du tabernacle. L’autel est surmonté d’une huile monumentale de Longa représentant la crucifixion de Jésus.






* À l’origine, Mont de Mars supportait un temple dédié au dieu Mars, second de la triade Jupiter-Quirinus dont les attributs sont le bouclier la lance et le casque. Ce temple détruit par Crassus fut remplacé par un château sur ordre de Charlemagne qui aurait donné les terres aux vicomtes de Marsan. Le château fut détruit par les Normands et reconstruit pas Pierre de Lobaner...
Hélas en 1861, J-F Bladé, historien de son état, démontra que l’histoire était fausse et que les « Chartes » trouvées dans les ruines du château étaient apocryphes !
Vraie, pas vraie, l’histoire est intéressante, comme l’a été la vie de cette partie des Landes coincée entre un roi de France catholique et la région, possession de Jeanne d’Albret et de Henri de Navarre d’obédience protestante. Lou Moun connue les vicissitudes de la guerre de religion et du coup profita du siècle des Lumières pour se démarquer de l'obscurantisme passé et appliquer la philosophie selon laquelle «la religion naturelle s'oppose au dogme traditionnel», pour devenir un creuset de réflexions et de recherches de la vérité à travers le libre exercice de la raison éclairée par le débat, portée par la noble ambition de former des hommes « libres et de bonnes moeurs » :  programme sorti des loges anglaises, largement en symbiose avec l'Église d'Angleterre, et passé dans une France déchristianisée par une élite intellectuelle (avocat, médecin, bourgeois, négociant voire des membres du clergé). C’est ainsi que très vite, au cours du 18ème siècle, Mont de Marsan, comme les autres grandes villes du Sud Ouest, eut sa loge maçonnique.



** Blason de Mont de Marsan : D’azur à deux clefs d’argent posées en pal, les pannetons en chef  Ces 2 clefs sont celles de St Pierre du nom de son fondateur Pierre de Lobaner et représentent les 2 cours d’eau : La Douze et le Midou qui se réunissent pour former la Midouze. Ces cours d’eau étant les clefs de la prospérité de la ville.


    Armes de Trois Rivières, QC : D’azur au chevron d’argent chargé d’une fleur de lys du champ, accompagnés de 3 grands corégones nageant aussi d’argent. Le chevron est extrait des armoiries du gouverneur Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières. Les 3 poissons symbolisent les 3 rivières (qui en fait ne sont que 2). Ils sont aussi le totem des Attikameks, 1er occupants. La fleur de lys indique l’origine française, les feuilles d’érables soulignent l’appartenance canadienne et le castor représente le caractère besogneux des trifontains

1 commentaire:

  1. Bravo, La présentation associée à la toile de la vie de Marie-Madeleine de l'église, c'est super. La méditation est rendue plus facile. Mes amies ont été impressionnées et souhaitent t'inviter sur d'autres sites. Merci Marie pour ce beau travail.

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