mercredi 5 novembre 2014

DÉMOCRATIE : OPIUM DU PEUPLE

En pleine lecture d'un brûlot qui ne sera jamais un best-seller tellement il est mal écrit et mal pensé, j'ai tout de même décidé d'en retirer la quintessence sous forme d'épisodes dont le premier est paru il y a quelques jours. 
Parmi le fourre-tout il y a tout de même une ligne directrice : l'humanité est tenue depuis son apparition sur terre par une poignée d'apprentis-créateurs qui nous hait. Aujourd'hui, nous sommes sous la coupe des « purs et des mélangés» qui font la volonté  «des purs». Malgré mon aversion pour les complotistes, certains éléments de l'auteur, vérifiés sur Internet, dans ma bibliothèque et dans ma mémoire d'enfant née «une cuillère en argent dans la bouche», me bousculaient fortement. 
Une visite chez mon coiffeur et me voilà confrontée à une synchronicité. Devant mes yeux un titre apparaît sur la revue que me tend Émilie : 

Deux mille familles tiennent la barre de la France, elles n'ont même pas besoin de se connaître pour se reconnaître.
Article signé Gilles Martin-Chauffier sur Paris-Match du 30 octobre.

Long titre pour une chronique sur les obsèques et la personnalité de Christophe de Margerie, mais ô combien bien analysé. 

Le sourire en coin, je vous partage la cerise sur le gâteau qui sera un intermède illustré avant le second épisode à venir.

image de Betsy

Qui sont « Ces… discrets et courtois qui tiennent la France et, qui comme la gentry en Angleterre, conservent à la France son statut de société de castes ?
Vous pouvez lire tous les volumes d’Eric Zemmour pour vous faire peur et vous persuader que l’hippodrome d’Auteuil organisera bientôt des courses de ­chameaux, le fait est là : 2 000 familles bon chic bon genre sont à la manœuvre et ne laissent la barre à personne. Muettes comme des plaques de tombe, elles n’ont même pas besoin de se connaître pour se reconnaître…
Chez eux, la discrétion et la bienséance sont les yeux et les bras. Ils ne prennent pas leur argent pour la bombe A. Dans leurs appartements aux couloirs longs comme une piste d’aéroport, dont le salon ouvre sur le Trocadéro et la chambre de service, derrière la cuisine, sur la place d’Iéna, ils fuient le tapage et le clinquant. Ils rient sous cape quand, invités en ville, ils observent les huiles plus récentes dont les salons sont décorés par Armani, les femmes par Dior et les revers de veston par le secrétariat d’Etat au Commerce extérieur. Aucun risque qu’ils prennent un meuble Directoire pour une pièce Charles X mais, chez eux, le vrai luxe est la simplicité.
Surtout ne pas faire « nouveau riche », rester « low profile ».
Nées avec un collier de perles autour du cou et des barrettes dans les cheveux, leurs épouses apprennent à leurs fils à toujours saluer poliment tous les gens qu’on croise en montant dans la société de crainte de les rencontrer à nouveau quand on redescendra.
Du reste, pourquoi ne seraient-ils pas bien élevés ? Quand tout vous a été donné à la naissance, la vie est un cadeau, pas une menace, vous la prenez avec le sourire. Et, de toute façon, vous ne fréquentez que des gens courtois…
Qu’importe que vous passiez les vacances à ramasser des palourdes sous la pluie de Houlgate au lieu d’aller à Saint-Trop’ ; le week-end, comme tout le monde, vous allez danser et flirter. Pas n’importe où : dans les rallyes qu’organisent les mères.
Le lendemain matin, corvée, on n’échappait pas toujours à la messe à Saint-Honoré-d’Eylau, Sainte-Clotilde ou Notre-Dame-de-Grâce. Après, éventuellement, on buvait un Fanta au Scossa, au Flandrin ou chez Carette. Et on faisait l’idiot. Pourquoi pas ? Quand on n’a pas l’ascenseur social à prendre, on peut souffler et mettre de temps en temps les pieds sur la table… C’est la classe naturelle de fils de bonne famille qui fait la différence. Ces personnes-là ne se pressent pas, savent perdre leur temps et tiennent des propos inattendus et anticonformistes … La démocratie ou l’autocratie, le socialisme ou le libéralisme, tout cela ne sont que des éventails. Seule importe de préserver une certaine idée de l’intelligence française, profonde dans les choses parfois futiles et vive aux heures graves.
Cette France là ne voit pas le monde en noir et ne prend pas le futur comme une menace, mais comme une terre nouvelle que ces familles, aussi paisibles aujourd’hui qu’hier, sauront fertiliser.»



http://www.parismatch.com/Actu/Economie/Christophe-de-Margerie-La-ceremonie-des-adieux-642440






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